Le privilège de l’élue ou le droit de cuissage?

On entend souvent que les élus devraient vivre dans la vraie vie. Vous savez ce que j’en pense ici !

Mais voilà j’ai eu l’occasion que ma vie d’élue m’ai permis de connaître la vraie vie ! Avec une première expérience, j’ai même eu le privilège de connaître une deuxième expérience.

Alors voilà tout a commencé un certain 3 novembre :

Le 03 novembre 2016 j’ai été destinataire d’un mail d’un militant associatif que j’ai rencontré à 3 reprises précédemment.

Les propos sont manifestement adressés à l’élue en charge de l’égalité et sont manifestement menaçants.

Je vous laisse apprécier la teneur de ces propos, sans autre commentaire. Je précise juste avoir été profondément affectée de ces écrits et je me suis dit que l’élue ne pouvait pas laisser passer quelques choses d’aussi …

*

« Poufff, Fanny tu mets des publications sur Facebook et tu ne vas pas au fond des choses ….

Tu es très silencieuse sur les viols des femmes et des enfants dans les camps de migrants,

Veux tu que je demande à Monsieur le ministre XXXXXXX de te violer dans un coin d’un bureau de la république française ???

La députée Isabelle Attard et moi, si nous nous trouvions derrière la porte, nous y resterions, nous écouterions et enregistrerions le viol et après nous dénoncerions publiquement que le ministre ta violée et tu seras donc une de ses victimes de plus ….

Et sans doute après ce crime, tu pourrais défendre les causes des femmes et des enfants victimes de viols et d’abus sexuels

Car je t’ai envoyé, il y a maintenant plus de six mois , par voie postale au conseil régional, un dossier complet avec ses annexes, tu n es jamais intervenue pourtant tu as bien reçu le dossier comme tu me l avais indiqué lors de la gaypride en juin dernier à tours

Au plaisir de lire ton intervention car autrement je t appellerais ton violeur jean Michel et il te violera, veux-tu un avant goût de ton agresseur ? Voilà ce qu’il a fait à sa collaboratrice parlementaire dénoncé par la députée Isabelle Attard (cf lien internet http://m.leparisien.fr/laparisienne/societe/video-assemblee-nationale-isabelle-attard-accuse-baylet-de-violences-contre-une-collaboratrice-11-10-2016-6194493.php) « 

Pour info j’ai bien reçu son dossier et lui avais indiqué ne pas être compétente sur ce sujet.

*

Un peu « perdue », je me suis donc sur conseil de mes collaborateurs et de mes proches rendue au commissariat, afin de déposer plainte. Un premier OPJ m’indique que ma plainte est recevable. L’officier qui me recevra tentera de faire pression sur moi afin que je ne dépose pas plainte, tout comme son hiérarchique. Après 40 minutes  d’échange, il m’a été indiqué que ma plainte n’était recevable que parce que j’étais élue, que le fait de vouloir porter plainte aurait été une remise en cause des compétences professionnelles de l’officier, ce qui n’a jamais été le cas. Le fait de déposer plainte étant un droit reconnu à tout citoyen. Il m’  a été indiqué :

  • que les questions d’égalité « c’est vraiment n’importe quoi » à plusieurs reprises.
  • Que « la formule du mail est certes maladroite mais la présence d’une formule de politesse écarte toute menace ».
  • Que n’importe quel autre policier aurait pris ma plainte mais pas lui car il est honnête.
  • Il ne m’a été permis de m’exprimer partiellement. L’officier de police m’indiquant de ne pas lui parler.

Je sais également  qu’il n’est pas épanoui dans son environnement professionnel. Il m’a indiqué être victime de discrimination et donc n’avoir pas pu continuer son parcours professionnel comme il le souhaitait.

Je lui ai indiqué qu’il y avait méprise que je ne conteste à aucun moment ses compétences et que je comprenais sa souffrance.

Honnêtement, cet officier exprime une souffrance que nombreux de nos policiers ont exprimé à l’époque des faits.

En tant qu’élue, en tant que citoyenne, militante associative pour le droit des femmes, j’ai souvent été destinataire de plaintes quant à l’accueil de la police par rapport aux violences faites aux femmes (verbales ou physiques). Je crois qu’être confrontée à cette réalité m’a renforcée dans mes convictions et c’est pour moi une force.

2 événements se dérouler en parallèle.

  • Un de mes proches, officier de police judiciaire instruisait un dossier de viol et il s’est impliqué comme un fou pour cette femme, quitte à n’avoir qu’une obsession et s’oublier… il lui a fallu du courage  !
  • Une manifestation était organisée par le CIDFF et le barreau d’Orléans on y parlé de violences conjugales, de l’enfant. Il y avait des magistrats, des associations, des avocats, des policiers, des gendarmes, des hommes, des femmes : quelle humanité dans leurs propos ! Le nombre plus de 200 personnes montre un intérêt important pour ce sujet. Ce moment de formation et d’information a été pour moi l’autre côté du miroir.

J’ai eu la chance de discuter avec des policiers en charge des questions de l’enfance, une discussion riche, pleine d’humanisme.

Tout n’est pas noir ou blanc, tout est  affaire de progrès, les choses doivent progresser encore et encore, il faut continuer de travailler encore et encore.

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